Organisme de sécurité sociale de droit privé, la Caisse des Français de l’Étranger a pour principal objectif de garantir une couverture santé à tous les Français qui résident hors du pays, et qui en font la demande. Toutefois, en tant qu’expatrié, n’avez-vous jamais demandé pourquoi souscrire à la CFE ? Comment fonctionne réellement ce système de sécurité sociale, mais surtout suffit-il à couvrir vos dépenses à l’étranger ? Tous les éléments de réponses dans cet article.

Rappel sur la Caisse des Français de l’Étranger ou CFE

Créée en 1978, la Caisse des Français de l’Étranger ou CFE est un organisme de sécurité sociale qui, en tant que tel, propose une couverture santé aux expatriés français. Bien qu’elle soit sous la tutelle des ministères chargés du Budget et de la Sécurité sociale, elle ne dépend pas de cette dernière et ne perçoit aucune aide de la part de l’État. Ses principales ressources proviennent des cotisations de ses adhérents. Force est de rappeler que la CFE n’est pas une complémentaire santé, mais un système de remboursement de base au même titre que la sécurité sociale française.

Parce que la souscription à cette protection n’est pas obligatoire, en vous installant à l’étranger, vous êtes tout à fait libres de choisir une assurance avec ou sans la CFE. D’ailleurs, tous les expatriés français ainsi que les ressortissants de l’UE peuvent y adhérer, et cela, sans tenir compte ni de leur situation professionnelle, ni de leur âge et encore moins de leur pays de résidence.

Quelles sont les assurances proposées par la CFE ?

La Caisse des Français de l’Étranger propose trois types d’assurance à tous les expatriés adhérents, notamment :

  • Une assurance santé qui couvre à la fois la maladie, la maternité et l’invalidité. Si l’assurance MondExpat fournit une couverture maladie aussi bien aux expatriés qu’à leur famille dans le monde, l’assurance maladie JeunExpat offre les mêmes garanties, mais pour les personnes de moins de 30 ans. Pour les retraités à l’étranger, leur conjoint et leurs ayants droit mineurs, la CFE propose la couverture RetraitExpat. Quant à ceux qui sont déjà couverts dans leur pays de résidence, mais souhaitent une prise en charge de leurs soins de séjours temporaires en France, ils peuvent souscrire à l’assurance FrancExpat Santé.
  • Une assurance accidents de travail et maladies professionnelles destinée aux salariés et aux étudiants stagiaires expatriés. Les prestations de cette assurance sont en réalité similaires à celles de la Caisse primaire d’assurance maladie en France. Elle permet notamment de bénéficier du remboursement des frais médicaux liés aux risques professionnels, de percevoir une rente en cas de décès ou d’incapacité permanente de travail ainsi que des indemnités en cas d’arrêt de travail.
  • Une assurance de retraite pour le compte de la CNAV qui permet de continuer à cotiser comme tous les salariés français. Celle-ci s’adresse donc aux travailleurs, aux personnes chargées de famille, c’est-à-dire qui ont au moins un enfant à charge de moins de 20 ans, ainsi qu’aux anciens salariés d’un régime obligatoire français n’ayant pas repris d’activité dans son pays d’accueil.

Comment fonctionne la Caisse des Français de l’Étranger ?

À la CFE, les cotisations et les remboursements varient en fonction des individus et des formules choisies. Toutefois, il y a des règles à savoir :

Si auparavant les cotisations étaient calculées en fonction des revenus et du statut professionnel, depuis la réforme en 2019, le montant à verser dépend uniquement de l’âge (huit tranches d’âge différentes) et de la situation familiale de l’assuré (famille ou solo). Toutefois, il est à préciser que les ménages à faibles revenus ont la possibilité de bénéficier d’une aide forfaitaire de 201 € par trimestre, sur demande auprès du consulat du pays d’accueil.

Le montant des remboursements des frais médicaux courants est calculé selon les barèmes de la Sécurité sociale française. Pour les consultations généralistes et spécialistes, la CFE rembourse 70% des frais engagés dans la limite des tarifs forfaitaires fixés qui sont respectivement 25 euros et 30 euros.

Depuis 2020, les hospitalisations et les chimiothérapies sont prises en charge en fonction d’un pourcentage du coût réel des soins dans le pays d’accueil. À ce propos, il existe cinq zones géographiques qui appliquent des taux différents, mais en général, plus le pays applique des coûts élevés, plus le taux est faible.

Quels sont les avantages de la Caisse des Français de l’Étranger ?

Si l’adhésion à la CFE permet avant tout aux Français expatriés de bénéficier des mêmes prestations sociales, qu’ils soient en France ou à l’étranger, c’est-à-dire que la coordination avec le régime général est maintenue au départ comme au retour, les avantages qu’elle offre sont nombreux aussi bien du côté des salariés expatriés que de sa famille.

En effet, le salarié expatrié bénéficie d’une prise en charge, peu importe le pays où il réside. Il est à préciser que celle-ci n’a pas de limite d’âge, ni de questionnaire médical et encore moins d’exclusion en fonction du fait générateur. Il n’y a pas non plus de plafond pour les frais d’hospitalisation. D’ailleurs, la souscription à la CFE permet au conjoint d’expatrié et à sa famille de bénéficier d’une couverture sociale. En outre, en plus d’avoir la possibilité d’une couverture lors d’un séjour temporaire en France, ce dernier bénéficie du maintien de ses droits pour une durée de 3 mois dès son retour au pays afin de faciliter sa réintégration aux différents régimes obligatoires français.

À part tout cela, il est essentiel de rappeler que les cotisations versées à la CFE sont nettement inférieures à celles du régime général. Qui plus y est, les adhérents plus jeunes en séjour PVT profitent même d’une réduction supplémentaire de -20 % pour les moins de 30 ans, et de -10 % pour les 30 à 35 ans.

… et les limites ?

Bien que la Caisse des Français de l’Étranger intervienne dans le remboursement des dépenses des expatriés, elle ne tient pas compte du coût des dépenses engagées dans le pays d’accueil, mais de la base des tarifs de la Sécurité sociale française. En conséquence, si le coût de la santé est plus élevé qu’en France, vous risquez de payer un reste à charge plutôt important, surtout si vous ne disposez pas d’une assurance complémentaire.

Par ailleurs, dans le cas d’une hospitalisation à l’étranger, vous devez avancer les frais avant de demander un remboursement auprès de la CFE, particulièrement dans les pays ou les établissements privés comme aux USA, en Amérique Latine, en Asie et un bon nombre de pays européens où les frais sont élevés.

À part tout cela, la Caisse des Français de l’Étranger ne couvre pas le rapatriement, l’évacuation sanitaire, le transport du corps en cas de décès et la responsabilité civile.

Pourquoi souscrire en complément à une assurance santé internationale ?

Compte tenu de ses limites, adhérer à la CFE n’est pas suffisant si vous vivez à l’étranger. En effet, elle permet d’obtenir des remboursements de base, mais ne rembourse qu’une partie de vos dépenses. Ainsi, si vous décidez de vous installer dans un pays où les frais médicaux sont extrêmement élevés, il est fortement recommandé de vous souscrire à une assurance santé internationale afin de réduire votre reste à charge. Pour cela, vous pouvez vous tourner vers une compagnie spécialiste de l’assurance-santé internationale qui propose un contrat d’assurance rapatriement complet ou bien un contrat au 1er euro avec assistance rapatriement.

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